57 interviews d'Honoré de Balzac

November 1, 2020
57 interviews d'Honoré de Balzac

La littérature n'avance que par ses coups de folie, sesentreprises excessives. Et, surtout, elle n'avance que lorsqu'ellesurgit d'elle-même, s'avale au passage.Ainsi, je ne suis pas sûr que Jérôme Pintoux puisse séparer sonitinéraire de lecteur, les auteurs qui sont pour chacun notrebibliothèque, toutes époques, tous pays, de ce que je suppose qu'ila fait si longtemps : faire travailler des classes de lycéens surles grands noms du passé, mais en secouer l'éventuelle poussièrequ'ils ont dans les manuels, et de ce que je sais d'un autreversant de lui : chroniqueur des musiques qui ont changé le mondepour ceux de notre génération.Jérôme Pintoux, je le savais occupé à des travaux qui ne pouvaientêtre qu'excessifs. Mais je ne savais pas le plus permanent de cetravail : pour chaque auteur lu, dresser un interview imaginaire.Et lorsqu'il s'agit d'auteurs qui le touchent de près, ceux del'underground américain, les grands noms sombres du fantastique oude la science-fiction, les interviews se multiplient, se déploientsur tous les pans de l'auteur et de l'oeuvre.Aujourd'hui, Jérôme Pintoux est à la tête d'une foule de cesinterviews : 2135 exactement.Et c'est un régal, une excitation formidable. L'intervieweur esttour à tour insolent, rebelle, curieux, il joue de toutes sesarmes, y compris l'uchronie (puisqu'il parle depuis notre présent,et l'interviewé du sien). Alors on voit l'oeuvre par les coulisses.Les souvenirs de lecture affluent, vous donnent envie de courirreprendre le livre. Et on est comme tout vexé de ce qu'on neconnaît pas, qu'on a envie de dévorer sans attendre. Mais surtout,à ces conversations qui se suivent dans un rythme rapide, sec,nerveux, c'est bien l'interviewé qui surgit dans sa machined'écriture, ses petits défauts, sa grande bonhommie. Et cetteintuition des géants, qu'ici seulement on aura eu le droit de venirvoir tout près.Bon match de catch.FB