Les sites de la mémoire russe, Tome 1: Géographie de la mémoire russe

October 30, 2020
Les sites de la mémoire russe, Tome 1: Géographie de la mémoire russe

AZW3 created from retail EPUBVoici une histoire de la civilisation russe non événementielleet non historiographique, qui n’est pas non plus un recueild’essais sur des sujets sociologiques ou anthropologiques. Elles’inscrit dans la suite des Lieux de mémoire en France conçus parPierre Nora il y a vingt ans et qui ont passablement renouvelél’approche des objets historiques, en particulier en examinant lefonctionnement des lieux et institutions commémoratifs etfondateurs des mémoires nationale, sociale, professionnelle. EnRussie, où la réforme des recherches historiennes ne fait quecommencer, l’historiographie russe reste encore dominée par lesgrandes problématiques de l’opposition Occident/Russie, ou encoreslavophiles/occidentalistes, c’est-à-dire toujours idéologisée.L’ouvrage est conçu comme une reconstruction du fonctionnementde la mémoire russe par liens entre tous les éléments qui laconstituent – cet usus de la vie russe que Roman Jakobson a définicomme la chose commune aux Russes, plus commune que le territoire,mouvant et immense, ou que les institutions, sujettes àeffondrements.Le premier de ses trois tomes tente de répertorier la «géographie » de la mémoire russe : d’abord le paysage, mémorisé partout Russe, canonisé par la peinture de la seconde moitié du XIXesiècle, les différents types de villes, bourgs, villages et hameauxqui hiérarchisent l’espace russe d’une façon beaucoup plusdifférenciée qu’en Occident, les musées et grands monastères, lesjardins, les nécropoles, et leur rôle social encore bien vivant,les lieux d’enseignement séculier et religieux, le théâtreégalement, qui fut aux XIXe et XXe siècles une institution presqueégale à la religion, et enfin les lieux «emportés» avec soi parl’émigration, en elle-même lieu de mémoire et moteur actuel durenouvellement de la mémoire russe depuis son « rapatriement ».Sans équivalent à ce jour, cet ouvrage devrait enrichirconsidérablement l’appréhension d’une grande civilisation qui n’enfinit pas d’intriguer ses voisins immédiats ou lointains, ses amiscomme ses ennemis, faute d’une connaissance approchée.