Des initiatives

December 1, 2020
Des initiatives

Le Perì katarchôn de MaximeLe Perì katarchôn (Des initiatives) est un poème astrologiquequi traite de l'influence de la Lune et des signes zodiacaux surl’issue d’activités humaines telles que les voyages, les mariages,les opérations chirurgicales, l’éducation des jeunes gens oul’agriculture.D’après la Souda (μ 174) l’auteur du Perì katarchôn serait cemême Maxime qui fut également philosophe néoplatonicien et maîtrede l’empereur Julien l’Apostat (361-363 après J.-C.) ; c’est aujeune souverain que le poème aurait été dédié par son mentor, demême qu’un traité Des objections irréfutables, un traité Desnombres, un commentaire à Aristote, et d’autres ouvrages dontl’auteur de la notice biographique ne cite pas les titres.L’exactitude de ces informations a toutefois été mise en doute, carle didaskalos de l’empereur Julien est connu d’habitude commeMaxime d’Ephèse, alors que la Souda dit Maxime "d’Epire ou deByzance".Quant à la tradition manuscrite et à l’histoire éditoriale duPerì katarchôn, le seul témoin médiéval du poème est le Laur. plut.28, 27 (L) du troisième quart du IXe s. après J.-C., alors quel’editio princeps ne date que de 1717, année où J. A. Fabricius lepublia dans le huitième tome de sa Bibliotheca Graeca ; suivirentl’édition d’E. Gerhard (Leipzig, 1820) et celles d’A. Kœchly(Paris, 1851) et A. Ludwich (Leipzig, 1877). Seules l’editioprinceps et l’édition de Kœchly comportent une traduction latine duPerì katarchôn, alors que ce texte n’a jamais été commenté.La nouvelle édition du Perì katarchôn de MaximeIl s’agit de la première édition de cette œuvre comportant untexte établi selon les principes de la philologie moderne, ainsiqu’une traduction, également la première dans une languevivante.Le travail d’établissement du texte est précédé d’une longueintroduction où l’auteur traite le problème de l’attribution duPerì katarchôn à Maxime d’Ephèse, ainsi que de la langue, lamétrique et la tradition manuscrite du poème.En ce qui concerne l’établissement du texte du Perì katarchôn,un réexamen approfondi de la paradosis de L a permis de constaterle bon état de la tradition manuscrite et de s’éloigner souvent dutexte publié en 1877 par Ludwich pour en revenir à celui dumanuscrit florentin.Quant à la traduction, elle essaie d’unir la rigueurphilologique à l’ambition de rendre au moins en partie le styleraffiné et soutenu de Maxime, ainsi que ses efforts constants pourvarier son vocabulaire.Parmi les nombreux buts du commentaire il suffira de rappelerici le compte rendu des choix textuels ; l’analyse des rapportsentre Maxime et la production poétique de ses devanciers (d’Homèreau IVe siècle après J.-C.) et de l’influence de Maxime sur Nonnosde Panopolis (Ve siècle après J.-C.) et ses épigones ;l’explication des passages difficiles et la rédaction de notes decontenu littéraire, astrologique, historique, ou mythologique ; lamise en lumière des rapports entre le Perì katarchôn et leslittératures techniques auxquelles il puise ses contenus (écrits dela tradition hippocratique et galénique, médecine astrologique,lois et documents concernant l’esclavage).Cette édition vient compléter toute une série d’études récemmentconsacrées à la figure de Maxime d’Ephèse, auteur probable du poème: Michel Patillon vient en effet de publier l’opuscule Desobjections irréfutables de Maxime (Corpus Rhetoricum V, Paris,2014) ; notre philosophe néoplatonicien est en outre l’un desprotagonistes des Vies de philosophes et de sophistes d’Eunape deSardes dont une nouvelle édition critique par Richard Goulet vientde paraître (Paris, 2014).Elle se place plus en général dans le fil de travaux qui pendantles quarante dernières années ont permis de redécouvrir etapprécier dans une juste perspective la poésie grecque del’antiquité tardive, considérée jusque là comme une productiondépourvue de tout intérêt. De nombreuses éditions critiques commecelle, monumentale, des Dionysiaques de Nonnos de Panopolisconduite aux Belles Lettres sous la direction de Francis Vian(1976-2006), ainsi que des études d’ensemble comme celle que LauraMiguélez-Cavero a récemment consacrée à la poésie dans l’Egypte desIIIe - VIe siècles (Berlin/New York, 2008), témoignent de lavitalité de ces études, qui est bien loin de s’épuiser.