Le Temps des mortels : Espaces rituels et deuil

December 3, 2020
Le Temps des mortels : Espaces rituels et deuil

Que sont devenus les rituels de mort ? La récente pandémie arendu cette question encore plus pressante, même si elle s’impose ànous depuis plusieurs décennies. Comment s’explique dans lesmentalités la montée de la crémation ? Que penser des formes decommunication relatives à la mort sur les réseaux sociaux et surles sites commémoratifs en ligne ? Quelles sont les conséquences deces pratiques sur les moments du rituel, sur le sort des resteshumains, sur l’aménagement des traces matérielles du souvenir ? Etsur l’expérience du deuil ?Le Temps des mortels entraîne les lecteurs à tisser une série deliens entre les significations des pratiques récentes et cellesissues de cultures millénaires. Ces pratiques sont interrogées enregard des conceptions globales de la vie et du temps qui s’ycondensent.Luce Des Aulniers s’appuie sur plus de quarante ans derecherches en socioanthropologie des rapports à la mort pour nousaider à choisir de façon éclairée les manières de nous refabriquer,comme individu, comme collectivité, à travers le passage de la mortet de nos morts. Elle tient le pari de répondre à cette questionque maints citoyens se posent : d’où vient ce besoin de ritualiser,et encore plus, lors de la perte d’un membre du groupe ? Elleformule, enfin, une proposition articulant les facettes d’un ritedavantage en concordance avec les désirs contemporains.LUCE DES AULNIERS est docteure d’État en anthropologie.Fondatrice du champ des études interdisciplinaires sur la mort,elle est professeure émérite au Département de communicationsociale et publique de l’Université du Québec à Montréal. Elle estl’autrice de quelque 420 articles et conférences, de 33 chapitresde collectifs, d’ouvrages sur l’anthropologie de la maladie graveet le phénomène de la fascination, de même que sur la formationcollective et clinique de la demande à mourir (avec B. J.Lapointe). Directrice de recherche, elle a contribué à la formationde plusieurs générations d’étudiants, au Québec et à l’étranger.Elle est membre du Centre de recherche et d’intervention sur lesuicide, enjeux éthiques et pratiques de fin de vie (CRISE), ainsique de l’Institut santé et société de l’UQAM. Ses travaux sur lesrapports humains devant la mort sont reconnus dans maints milieuxpour leur caractère interdisciplinaire et leur innovation.