Oreille rouge

December 4, 2020
Oreille rouge

Cet écrivain aime sa chambre, sa table, sa chaise, dans lapénombre : on l’envoie en Afrique où sont les lions, dans lesoleil. Que va-t-il chercher là-bas ? Un grand poème, dit-il. Ou neserait-ce pas plutôt l’inévitable récit de voyage que tant d’autresavant lui ont rapporté ? On l’a lu déjà, et relu. L’auteur vaprétendre que des indigènes l’ont sacré roi de leur village. Ilaura percé à jour les secrets des marabouts et appris de la bouched’un griot vieux comme les pierres quelque interminable légendeavec métamorphoses. Le pire est à craindre. Par bonheur, l’aventuretourne court. L’hippopotame se cache. L’Afrique curieusement nesemble guère fascinée par le courageux voyageur. En revanche,celui-ci prend des couleurs : est-ce le soleil ou la honte ? Nousl’appellerons Oreille rouge.« Chevillard s’attaque cette fois à la littérature de voyage. Etc’est un festival. Son héros hésite, joue avec la tentation del’Afrique, parade en baroudeur, rêve du grand poème qui contiendrale continent tout entier, court après l’hippopotame qui ne cesse dese dérober…L’auteur met ses pas dans les siens, épingle chacune de sespostures, pointe nos vanités, invente des proverbes, imagine descontes africains, disserte sur les mœurs de l’hippopotame. Pourmettre la littérature et le monde à l’épreuve. C’est du purChevillard. Une voie royale pour plonger tout habillé dans la magied’une des œuvres les plus singulières de la littérature françaisecontemporaine. » (Michel Abescat, Télérama)